En route vers l'Iran (suite)

Publié le par Hervé

Retour a Delhi et depart pour le Pakistan
 
Des mon arrivee a Delhi, je me precipite a l'ambassade d'Iran qui me repond immediatement qu'ils n'ont pas recu d'autorisation pour le visa... sans toutefois verifier leurs documents. Je dois revenir le lundi suivant. Pas de discussion possible.. Obstine (et non tetu...), je reviens des le lendemain et je l'obtiens ouf!
 
J'obtiens facilement le visa pakistanais malheureusement il ne me delivre qu'un visa de transit de quinze jours....
 
Avant de quitter la guesthouse de Delhi ou j'ai passe tant de bons moments, je leur offre "Le Petit Prince" puis je prends le plus rapidement possible (tout est relatif en Inde...) un billet de train pour Amristar.
 
Je decouvre une region superbe le Punjab, ou les paysages sont tres verts et ce sont des plans de riz a perte de vue avec des reflets dans les rizieres d'arbres, c'est a nouveau tres beau mais la magie des paysages du Ladakh n'est pas la....
 
Je visite a Amrsitar le Golden Temple, lieu de pelerinage sikh, ou de nombreux massacres par les anglais ou Indira Gandhi furent commis. La vengeance des sikhs fut a chaque fois terrible ils assasinerent les coupables! Ils ne se rasent pas ce qui leur donne un aspect incroyable avec leur longue barbe et et leur turban cachant leurs longs cheveux.
 
A la frontiere indo-pakistanaise, il y a une ceremonie de lever de drapeau tous les soirs. C'est un spectacle hors du temps. En effet les deux pays ont amenage la frontiere avec des tribunes. Les militaires pakistanais et indiens lors de cette ceremonie font une demonstration de force. De chacun des cotes on apercoit de nombreux drapeaux, les gens chantent applaudissent leurs militaires.... s'insultent reciproquement. Le plus irrealiste a mes yeux est l'organisation de chacun des pays pour la ceremonie avec les tribunes, la musique. N'est ce pas encourager les deux peuples a la haine?
 
Pour ma fin de sejour en Inde, je suis de plus en plus dur avec les chaufferurs de rickshaws. Je prends un rickshaw, negocie le prix mais au milieu du trajet il prends d'autres personnes, je lui indique alors gentiment que je paierai moins il rigole et se moque de moi. Erreur de sa part... A l'arrivee, je diminue mon prix de montant de ce que les autres passagers ont payes. Il est tres en colere alors que je suis etrangement calme et lui propose alors deux solutions pour resoudre notre probleme: soit il accepte mon argent soit nous reglons le probleme avec la police. Il choisit la premiere option et me souhaite un bon voyage!
 
Apres une journee a Amristar, je conduis le rickshaw qui me mene a la frontiere.
 
A la frontiere indienne, les formalites sont extremement rapides, aucune question, aucune fouille des bagages. Mais le plus etonnant est la marche au milieu de nulle part sans personne autour pour poser mon premier pied au Pakistan puis mon deuxieme ca y est j'y suis.... L'inde c'est fini!
 
 
 
Le Pakistan
 
Un pakistanais parmi d'autres
 
Depuis mon depart, je n'ai toujours pas trouve de rasoirs... c'est donc avec une barbe longue de cinq mois que je suis au Pakistan. Attention un barbu parmi les barbus.
 
Et de fait je me promene en habit local dans les villes du Pakistan et je ne suis jamais accoste.
 
Je suis avec un suisse dans le bazar de Peshawar, nous sommes perdus. Il demande en anglais le chemin dans un magasin et la reponse m'est adressee en urdu. Mais non je ne parle pas urdu alors on me demande si je parle pachtoun non plus alors farsi! Non et non je ne suis qu'un touriste!
 
Parfois dans la rue on s'adresse a moi en urdu et les gens sont surpris en m'entendant parler anglais.
 
Un autre avantage? En me promenant a Dir, je n'attire pas de regards hostiles, ce qui est bein different pour mon compagnon de route du moment!
 
Le plus drole etant aux points de controle militaries ou le chauffeur est oblige de dire aux militaries qu’un etranger est present dans le bus ou dans la jeep; le regard du militaire observe tout le monde, ne trouve pas l’intrus, le chauffeur est alors obliges de me designer mais le militaire reste dubitative et me demande si je suis vraiment etranger!
 
Malheureusement il existe aussi des inconvenients puisque je suis moins en contact avec les pakistanais que les autres touristes car ils me prennent pour l'un d'entre eux....
 
 
 
Lahore: la ville frontiere
 
Des le passage de la frontiere, je realise que je suis dans un nouveau pays dans l'attitude des douaniers; ils me souhaitent la bienvenue, me proposent un the, me demandent d'ou je viens. A la douane il me demande d'ouvrir mon sac et decouvre des photos ils me demandent quelles sont ces personnes j’explique que c’est ma famille, nous discutons alors de nos familles et la fouille est finie.
 
Je suis definitivement dans un pays musulman: le bus de la frontiere a Lahore est divise en deux une partie pour les femmes et une partie pour le hommes.
 
J'arrive dans un petit hotel ou le confort est rudimentaire mais l'ambiance chaleureuse. Le proprietaire me souhaite chaleureusement la bienvenue au Pakistan car il a besoin de touristes car selon lui les musulmans et plus particulierement les pakistanais sont consideres comme des terroristes potentiels. Mais il plaisante aussi beaucoup et semble un peu plus absent le soir apres avoir fume une grande partie de la journee du hashish
 
Pour celebrer mon arrivee au Pakistan: une table, une chaise, une assiette, des couverts, la vue sur le fort moghol et la mosquee Beshadi le tout agremente dans un excellent plat a base de poulet. Apres de nombreux repas vegetariens en Inde je retrouve un plaisir immense a manger de la viande...
 
Puis je visite ce fort en brique rouge (qui ressemble a celui de Delhi), et la mosquee qui est absolument immense. J'y fais une sieste comme beaucoup de pakistanais...
 
Puis je me rends dans le bazar pour faire mon premier achat: une chalwars kamizs, une large chemise descendant jusqu'au genou et un pantalon tres large que l'on serre au niveau de la taille, cela reste donc ample au niveau des jambes. Me voici habille tel un pakistanais.
 
De Lahore a Peshawar: Un choc culturel
 
Apres une nuit dans le train de Lahore a Peshawar, me voici arrive dans une ville folle, decale, ennivrante, conservatrice....
 
Je me promene dans Peshawar, ne vois dans les rues que des hommes, les quelques femmes croisees portent la burkha ou un voile d’ou seul depassent les yeux toujours tournes vers le sol. Beaucoup de burkhas avec des couleurs vives ce sont les refugiees afghanes. Les visages des afghans sont magnifiques avec leur tres longue barbe blanche...
 
Dans le cafe Internet, les maisons de the, les restaurants, la population est masculine. L'islam est present partout, on me demande regulierement si je suis musulman (surtout du fait de la barbe), ils m'expliquent que l'islam est une religion de paix malheureusement des personnes en font une mauvaise interpretation. Toutefois si la discussion devient plus politique, je ressens une haine plus particulierement envers les americains...
 
J'erre dans le bazar, ou au detour d'une rue les senteurs du bazar des epices vous emportent completement puis une ruelle plus loin c'est le bazar des femmes et ce ne sont que de longues burkhas (dont des bleues ciels vifs) puis vient celui des legumes, a nouveau des couleurs et des fruits que je n'avais encore jamais vu. Me voila dans le textile de longs rouleaux pour faire des chalwars kamizs.... Je deambule dans ces petites ruelles etroites ou je dois parfois me serrer pour laisser passer d'autres personnes!
 
 
 
Une excursion irreelle
 
S'il est difficile de trouver des armes dans certains pays, dans d'autres il suffit de lire son guide touristique!
 
Accompagne de trois autres touristes je me rends dans la ville de Dara qui est en zone tribale soit en dehors de tout controle du gouvernement pakistanais. Nous decidons de nous y rendre sans le permis necessaire aux etrangers pour ces zones-la. C'est donc naturellement que la police nous acceuille des la descente du mini-bus pour nous dire de repartir... Nous expliquons que nous voulons visiter cette "charmante bourgade"... Les policiers nous offrent le the et nous demandent un dessous de table pour oublier l'absence de permis et assurer la visite et la securite dans la ville.
 
Dara est une ville ou chaque magasin est une fabrique d'armes. Chaque local, dont le sol est en terre battue, fabrique une partie d'une arme principalement des kalashnikovs et des berettas. Nous nous promenons dans la ville accompagnes des deux policiers (corrompus), nous nous arretons dans les differentes fabriques y compris dans celle ou ils assemblent toutes les pieces. Ce qui est incroyable c'est l'acceuil chaleureux des gens qui nous offrent le the, ne posent aucun probleme pour prendre des photos.
 
Puis vient la proposition.... Bien sur contre dessous de table il nous offre un essai avec une kalashnikov et un beretta. Nous acceptons! Je ne me sens pas bien, j'ai un enorme noeud a l'estomac. Tout le monde ici porte une arme. Les gens malgre une premiere approche amicale nous devisagent. C'est absolument surrealiste.
 
Nous traversons une petite riviere, un grand nombre d'enfants nous suivent en rigolant, ils savent parfaitement ce que nous venons faire. Mon estomac est serre: personne a Peshawar ne sait que nous sommes a Dara, lieu de trafic d'armes et de drogues. Puis ces enfants realisent-ils ? Non c'est naturel d'avoir une arme en main...
 
C'est la premiere fois de ma vie que je touche, prends une arme en main, c'est lourd je suis effraye de voir l'homme a cote de moi manipule la kalashnikov avec tant de naturel a cote de dizaines d'enfants qui rigolent a chaque detonnation et se battent pour recuperer les balles afin de les revendre.
 
Je tire devant moi dans la montagne, n'atteient jamais la pierre designe, il met cette arme en automatique. Cela va tres vite et je suis encore moins precis. Je rends cet objet avec un noeud a l'estomac encore plus serre! Malgre la barbe, la chalwars kamizs, la kalshnikov en main, je ne suis pas un taliban!
 
Autour de nous toujours ces enfants de jeunes refugies afghans dont une jeune fille d'une dizaine d'annees qui refuse d'etre prise en photo. Pourtant ces yeux ressemblent etrangement a ceux de l'afghane immortalisee par Steve Mac Curry.
 
 
 
Quelques jours plus tard et toujours a Peshawar, je rencontre un pakistanais qui me propose d'aller au "smuggler bazar" en zone tribale. Il rentre dans le bazar avant les points de controle militaire... Eh oui je suis toujours sans permis pour cette zone. C'est a nouveau un choc pour moi! Je suis gene, regarde constamment autour de moi. Nous rentrons dans des magasins ou sont exposes des armes, de la drogue, haschish, heroine. Ces magasins sont absoluments enfumes, tout le monde fume. Ils sont fiers de me montrer leur stock de drogue et me proposent meme de m'en expedier en France pour le vendre. C'est surrealiste! Ils ne comprennent meme pas que je ne fume pas....
 
Kalash Valley
 
Je decide de Peshawar, je decide de me rendre dans la Kalash Valley. Je prends donc un mini-bus le soir. Nous sommes entasses dans ce mini bus je suis serre de toute part, mes jambes replies sur moi meme car j'ai la roue de secours et des cartons sous mes pieds. Cela s'annonce comme un voyage eprouvant de quinze heures... Mon pire trajet depuis le debut de ce voyage! Apres deux heures d'une route relativement bonne, nous voila sur une piste de montagne qui ressemble a un veritable gruyere. C'est l'enfer! A ma droite, il s'endort... sur mon epaule (c'est vrai nous etions pas assez serre). Mais ce n'est pas fini a ma gauche le vieux monsieur, s'avance sur le siege puis se reinstalle, m'ecrase l'epaule je ne peux absolument pas bouger et encore moins dormir! Dans la nuit nous devons descendre du mini-bus mais pourquoi donc... il n'arrive pas traverser un petit cours d'eau ils installent des pierres et passe mais je dois traverser a pied aie aie! l'eau a cette altitude est froide! Je finis par m'assoupir; le reveil est brutal, le dossier du siege devant moi se casse, j'ai maintenant le poids des personnes devant moi sur les genoux ce voyage s'apparente a un enfer! Finalement je ne dors pas de la nuit et le temps gagne avec ce voyage de nuit est perdu a l'arrivee par une lomgue, tres longue sieste!
 
Puis apres deux heures suplementaires de jeep dans les memes conditions me voici arrive dans un village Kalash ou je decouvre cette ethnie qui compte seulement trois mille cinq cent personnes. Je choisis un hotel appartenant a l'un d'entre eux car ils sont persecutes par les punjabis qui essaient de les convertir a l'Islam, qui parfois violent ces femmes qui ne portent pas le voile.
 
Je visite ce village et decouvre sans pouvoir entrer la maison ou les femmes restent durant leur periode de menstruation ou quand elles sont enceintes. Et maintenant voila que j'aimerais etre ethnologue... Elles portent des vetements traditionnels une longue robe noire et une longue "tunique" de toutes les couleurs recouvrant leur tete descendant dans le dos. Cette "tunique" est en tissu parfois composee de coquillages. Les kalash ont souvent des yeux d'un bleu eclatant.
 
C'est aussi ici que je rencontre Christian un francais avec son guide, son cuisinier son porteur... et grace a lui, c'est un somptueux diner, non une orgie, avec de la viande... Oui de la viande! De plus il me propose de rentrer avec eux c'est a dire dans une jeep ou je peux etendre mes jambes c'est un confort inespere! C'est extraordinaire!
 
Malheureusement de retour a Peshawar il est temps d'organiser mon depart pour l'Iran et donc de passer a nouveau des heures et des heures dans les bus. En fait de Quetta (Pakistan) a Bam (Iran), je perds vingt six heures dans le bus dans des conditions toutefois acceptables.
 
Je vous raconterai dans mon procahin courriel ma decouverte de l'Iran qui est deja apres un quelques jours une experience riche....
 
A bientot
 
Bon courage, bonnes vacances et bonne route a tous
 
En esperant avoir de vos nouvelles,
 
Herve
 

Publié dans Récit de voyage 2003

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