Inde: entre haine et amour

Publié le par Hervé

11 juin 2003:

Salut a tous,
 
Oui je sais j'ai fait le même avertissement dans mon précèdent message quant la longueur mais la j'aurai tendance à vous dire a vos imprimantes....
 
Me voila parti depuis 3 mois!
 
J'ai envie de vous dire une grande vérité, une lapalissade: le temps passe vite, trop vite!
 
En effet mon séjour d’un mois en Birmanie fut trop court: je n'ai pas eu le temps de visiter tous les sites mais surtout de rencontrer encore et encore les birmans. C'est donc avec regrets que j'ai quitte la Birmanie mais avec une certitude: je reviendrai!
 
Quant à l'Inde mes sentiments sont souvent contradictoires : beauté laideur, honnêteté malhonnêteté, gentillesse rosserie, amour haine....
 
Je voudrais avant de continuer de vous narrer mon voyage en Inde, vous faire partager mes interrogations quant aux chauffeurs de taxi, de bus, de rickshaw-wallahs à moteur et à bicyclette, des conducteurs de carrioles à cheval...
 
En effet est-ce la lie de la société qui devient chauffeur de taxi ou la profession qui pervertit ses personnes ?
 
Oui je vous entends déjà dire que de gentianales ! Alors je vais vous donner quelques exemples :
 
En Birmanie l’approche d’un touriste a pour effet mécanique de faire augmenter le prix surtout s’il est très tôt ou très tard. Je dois me rendre a l’aéroport le matin très tôt, je suis oblige de négocier durement pour obtenir un prix raisonnable(?). J'aime le ridicule alors je demande le compteur mais mon chauffeur est vraiment désole et avec un visage triste il me fait part de son problème son compteur ne fonctionne pas. Je suis tellement gêné pour lui, une telle mauvaise nouvelle!!!!!!!!  Mais une fois le prix fixe, la discussion est finie et nous partons sans aucun autre problème
 
L’Inde est sans doute le pays ou les histoires les plus rocambolesques vous arrivent dans un taxi ou un rickshaw ; je vous ai déjà fait part de mon expérience a Kalkota mais d’autres me sont arrivées. Il faut savoir que la plupart des taxis ont des commissions assez importantes dans les hôtels alors....
 
La première étape: la négociation: ne jamais partir sans avoir fixe le prix ! Suivant l’hôtel que vous avez choisi, le prix est différent non par rapport a la distance à parcourir mais en fonction de sa commission dans cet hôtel ou le type d'hôtel car il en déduit votre niveau de vie.
 
Par principe je divise toujours par 2 ou 3 le premier prix annonce.
 
Tous les chauffeurs indiens ont le même argumentaire en trois points: je te fait un prix en tant qu'ami (mais on se connaît depuis cinq  minutes!) soit a peine 5 ou 10% de remise  Pas non plus trop stupide, j’insiste et obtiens 30% et la deuxième étape est enfin franchie avec l’argument que ce n'est vraiment pas cher (cheap price) et la j'hésite toujours entre m'énerver (c'est a dire lui  taper dessus) ou rire de la situation mais une dernière proposition avec l'argument "indian price  not tourist price" c'est le coup de grâce je ne peux vraiment plus rien faire et si j'insiste il me décrit ses conditions de vie et je pourrais commencer une dépression  alors j'arrête la négociation !
 
La deuxième étape: le trajet
 
Fier de ma négociation, me voila parti mais il s’arrête et me propose de renégocier le prix Eh oui les taxis se font rares dans cette avenue et la je montre mes crocs je prends mon sac commence à descendre.... finalement il ne veut plus re-négocier, mais l’histoire n’est pas finie et on n’est toujours pas arrivé.....  Incroyable un des ses très bons amis voire son oncle son frère a un excellent hôtel et pas cher ! Un prix indien mais seulement pour moi je suis tout de même son frère (eh oui la situation évolue rapidement d'amis a frère c'est l'espace de cinq minutes)! De toute façon l’hôtel que j’ai choisi, a brûlé, le propriétaire est mort.... Je finis par perdre mon calme, on arrive finalement a mon hôtel et il me demande un pourboire puis un supplément pour les bagages Apres m’avoir use (c’est volontairement un euphémisme), il croit sincèrement que je vais lui donner une roupie de plus. Mais reste le dernier argument des rickshaws à bicyclette : je suis un pauvre homme et  mon travail est dur,  le sentiment de culpabilité apparaît et puis non et non je ne suis pas un pigeon !
 
Cela vous parait impossible ? Ce n’est qu’UNE scène ordinaire de ma vie quotidienne en Inde et a ma grande surprise même les touristes indiens ont droit a ce traitement !
 
 
 
Je vous ai quitte a Kajuharo ou je suis pourtant reste quelques jours supplémentaires.
 
Je reviens dîner chez une famille indienne ou la nourriture est excellente. Assis par terre, autour des mets c'est un délice de saveur et d'odeur; le "chai" (thé) est le meilleur depuis mon arrivée en Inde! Ce mélange de thé et de lait est succulent. Et que dire de ce curry végétarien! Mes lèvres, mon palais se souviennent encore avec nostalgie du goût.
 
Accompagnant dans une autre famille une voyageuse, je découvre un nouveau jeu (vu en Birmanie et parfois dans la rue en Inde): c'est un plateau carre avec quatre trous dans chaque angle; sur ce carre sont disposes des jetons rouges et noirs et un jeton blanc. Les règles sont relativement similaires à celles du billard mais c'est avec les doigts que le jeton blanc (équivalent de la boule blanche au billard) est pousse.
 
Apres m'avoir explique les règles élémentaires, ils m'invitent à jouer. Par ma maladresse, je déclenche de nombreux fou rire. Malgré leurs explications quant à l'équilibre de ma main sur la table de jeu, je reste très mauvais! Alors me reste la naïveté de mes partenaires et la tricherie pour réussir à gagner. En trichant très grossièrement afin d'être vu par quelques participants (mais non des enfants), je ne parviens toujours pas a gagner mais les rires sont de plus en plus importants et surtout les plus jeunes répètent mes blagues et trichent a leur tour. Ce moment est vraiment très drôle! Cette heure passée dans cette famille restera avec les dîners mon meilleur souvenir de Kajuharo.
 
 
 
Je quitte Kajuharo pour Orcha, un petit village ou le calme règne et où de nombreux temples furent édifiés. Des mon arrivée dans le village l’impression est très différente de toutes mes étapes précédentes il n’y a pas de rabatteurs et surtout pas de rickshaws. C’est déjà reposant !
 
Une fois mon sac pose je pars a l’assaut, avec une autre voyageuse, du village, du palace (je le visiterai que demain il est trop tard maintenant) et du marche cela semble merveilleux et grandiose la vie est ici paisible les gens disent bonjour demandent mon pays d’origine mais sans arrières pensées.
 
Seul client de ma guesthouse, je discute avec le propriétaire, de nombreux pétards éclatent non loin de la, c’est un mariage. C'est alors une discussion sur le mariage en Inde qui s’engage. Il ne comprend pas les occidentaux et leurs moeurs légers (tout en étant un peu jaloux !), justifie le système des mariages arranges: les parents connaissent leurs enfants et peuvent ainsi définir quel partenaire leur conviendra; Le couple apprendra à s'aimer tout au long de la vie (?)... Il me décrit les différentes traditions relatives au mariage: la visite des parents respectifs, les jeunes maries ne doivent pas se différentes avant le jour de la cérémonie, la jeune fille doit tout apporte pour le foyer (une charge énorme pour sa famille). Malgré l’intérêt de la discussion c’est une grande incompréhension entre nous.... des traditions tellement opposées.
 
Aujourd'hui je visite le palace d'Orcha, c'est tout simplement splendide et grandiose malheureusement pas toujours très bien entretenu et sans aucune explication. Je ne trouve pas les peintures murales décrites par mon guide, je me renseigne auprès du gardien, il  ne comprend pas ou ne veut pas comprendre alors j'insiste, il me demande de le suivre, il ouvre alors des portes derrière lesquelles je découvre de magnifiques peintures murales.
 
Apres deux jours j'ai déjà mes habitudes dans ce village cela me permet de sympathiser avec le restaurateur qui a la fin d'un déjeuner m'offre (oui c'est possible en Inde!) de goûter une sorte de lassi a la mangue. C'est tout simplement un délice. Alors... à chaque halte de la journée, je viens boire ce jus de mangue ! Un régal! Mais je dois me résigner à partir et continuer mes visites et notamment celle du Taj Mahal, LE symbole de l'Inde.
 
La ville d'Agra ou se trouve le Taj Mahal est sans doute la ville la plus touristique d'Inde... la plus terrible en terme de rabatteurs. Des la descente du train (qui ne devait jamais être en retard... enfin 1 heure ce n'est pas un retard!), c'est l'enfer les chauffeurs de tous les types d'engins vous harcèlent. Je suis donc très agressifs avec eux et demande mon hôtel mais ils ne l'aiment pas. En effet cet hôtel ne verse pas de commissions! Un chauffeur finit par accepter et me demande pourquoi je (comme beaucoup de voyageurs) suis si désagréable. Je me sens alors coupable, je suis tombe sur un chauffeur sympathique.... la confiance retrouve il me propose un rendez vous pour demain afin  de visiter quelques magasins.... Je vais vraiment finir par mordre!
 
La ville n'est pas sure et je ressens une certaine anxiété, je prends assez tard un rickshaw, il s'arrête dans une rue sombre, je suis anxieux voire paranoïaque, dans ma poche je prends mon couteau lame ouverte et j'attends ! Le chauffeur me demande si quelque chose ne va pas mais avec calme je réponds par la négative tout en serrant un peu plus le manche du couteau puis il redémarre. Je ne m'explique pas mon attitude. Existait-il réellement un risque ou était-ce seulement mon angoisse?
 
La visite du Taj Mahal est une expérience fantastique plusieurs points de vue. En effet en tant que touriste étranger je paie 37 fois le prix indien (a quand la Tour Eiffel ou le Louvre 20 fois plus cher pour les touristes étrangers que pour les français.....). Puis après l'achat de mon ticket, je suis fouille et refoule car j'ai un briquet dans la poche!
 
Apres ces péripéties c'est enfin la découverte du Taj Mahal avec ces lignes parfaites et son reflet dans le bassin, une oeuvre architecturale superbe et ce fut construit en hommage à une femme. Je suis toutefois déçu : tous les voyageurs rencontres parlaient avec un tel enthousiasme de ce monument que j’attendais un site encore plus grandiose!
 
A une heure de bus “indien” d’Agra, le site de Fatherpur Sikrit me réconcilie avec les sites indiens c’est une ville morte magnifique ou les bâtiments sont bien conserves mais le plus incroyable c’est la présence d’explications. L’empereur Akbar avait construit ce magnifique palais avec une résidence pour chacune de ses femmes qui étaient toutes d’une confession différente.
 
Fatherpur Sikrit c’est aussi une mosquée avec une entrée gigantesque de 54m de haut. L’intérieur est tout aussi grandiose avec quelques peintures murales. L’atmosphère est paisible. Dans le village les gens ne vivent pas intégralement du tourisme et ne cherchent donc pas à vous arnaquer c'est ainsi l’occasion de discuter avec eux.
 
Me voila parti maintenant pour le Rajasthan!
 
Ma première étape me mène à Jaipur, une ville ocre avec des portes gigantesques. J'arrive dans un hôtel avec un cadre merveilleux, une ancienne résidence de Maharadja, un jardin intérieur… malheureusement c'est aussi un personnel désagréable dont la préoccupation principale est vendre (même le matin après le petit déjeuner) et sûrement pas me rendre la vie facile. Cela gâche le cadre!
 
Un chauffeur de rickshaw parlant français (il a vécu quelques mois en France), sous prétexte qu'un Euro en France cela ne représente qu'un café, il nous demande un prix exorbitant.....Partant du même principe, j'ai décidé que de retour a Paris, je paierai mon café au prix indien. Pourquoi? J'ai vécu quelques mois en Inde!
 
Le moral est bas, je me sens las, je suis exaspéré (c'est même un euphémisme) par les indiens et leur rapport avec l'argent des touristes; c'est usant, toutes les relations sont fondées sur ce principe, je deviens agressif avec les rickshaws, en fait je me comporte comme eux. Que fais-je ici? Peut être devrais je partir plus tôt d'Inde ?
 
Mais Jaipur, c'est aussi des rencontres avec des voyageurs, une française travaillant en Afghanistan, un couple faisant un tour du monde, nous faisons une partie de chemin ensemble, le moral revient, nous buvons un pastis, c'est un sentiment étrange de retrouver un goût familier....un bonheur retrouve.
 
Sous la chaleur accablante (entre 40 et 45C) je visite le City Palace très beau, le palais des vents tout simplement magnifique avec la vue sur cette ville rose ocre. Dans les rues a cote des vaches, je croise des chameaux voire quelques éléphants! C'est une première approche avec la culture râjasthâni et la vie des maharadjas.
 
Non loin de Jaipur, Amber: que dire de ce fort: les superlatifs me manquent un cote gigantesque, de magnifiques peintures murales, mes yeux se remplissent encore et encore d'images.... 
 
Mais je quitte Jaipur pour Pushkar après une arnaque par l'agence de voyages tant sur le prix que sur la définition du bus de luxe.
 
Ce n'est pas grave, j'arrive à Puskar.
 
C'est avec fatalisme que j'assiste a l'ouverture au pied de biche du coffre du bus Eh oui mon sac a dos est a l'intérieur!   Evidemment, en attendant, un indien me recommande une guest house, je mens (la meilleure chose à faire avec les rabatteurs!): j'ai déjà réservé dans un hôtel mais selon lui le propriétaire est décède l'avant veille ! Encore une arnaque......
 
Enfin mon sac a dos! Je suis donc décidé après cette demi-heure d'attente à rejoindre mon hôtel. J'arrive dans la guesthouse ou se trouve réunis de nombreux indiens. Un jeune m'accueille, me donne une chambre et m'explique que son grand père est décédé...... Aie j'étais tombe sur un indien honnête!
 
Beaucoup de monde rend visite a la famille, se déchausse a l'entrée mais une des personnes prends mes chaussures en partant me voila sans mes sandales ! Avec le propriétaire, nous partons acheter une nouvelle paire. A notre retour, mes sandales sont retrouvées, la personne les avait prises par mégarde et donc rendues.
 
Quant a la ville sainte de Pushkar, elle est paisible, organisée autour du lac dans lequel les indiens hindous prennent leur bain, je ne ressens pas la même ferveur qu'a Varanassi. C'est une étape reposante ou je retrouve petit à petit le moral.
 
La chaleur est accablante je me promène dans la rue je discute avec des commerçants des événements internationaux, de l'Inde Avec haine ils décrivent les musulmans selon eux la plaie de l'Inde et du monde tout comme les ... Etats Unis. C'est aussi ce moment que je choisis (bien involontairement !) pour me trouver mal, ils me demandent immédiatement de m'asseoir et m'aspergent d'eau, je bois et reprends mes esprits....
 
Retrouvant des forces, je pars vers une nouvelle étape au Rajasthan: Jodhpur.
 
La encore, que d'anecdotes à vous raconter: je change de bus a Ajmer, une personne me réclame trente roupies (contre deux pour les indiens) pour descendre mon sac du toit du bus! Je n'en donne que 5 et il les refuse; énerve je reprends mes cinq roupies et monte dans mon nouveau bus.... fait incroyable il revient me réclamer les cinq roupies que je finis par lui donner.... avec rancoeur au vue de son attitude.
 
Un adolescent vient parler avec moi le seul occidental du bus et ne comprends pas pourquoi très peu de films indiens sont diffuses en France, alors de manière diplomate (j'y arrive encore!) je demande si les films français sont diffuses en Inde. Sa réponse est simple ou simpliste je ne sais pas : non... les films français: c’est de la "merde"! Encore une fois je garde mon calme ou n'est ce pas plutôt de la résignation devant tant de simplification.... de bêtise!
 
Mon arrivée a la station de bus: j'indique l'hôtel ou je veux me rendre, je prends un rickshaw, dont le prix est raisonnable, il est très charmant...... soyons vigilant ! Eh oui il me dépose dans un hôtel dont le nom est similaire a celui dans mon guide; je doute, je râle, il m'assure que c'est l'hôtel indique par le guide.... Je dépose mes affaires, part en ville et découvre le bon hôtel! Seule une lettre est différente dans le nom entres les deux hôtels ; Fatigue, énerve, exaspère je reviens chercher mes affaires et part immédiatement, ils veulent tout de même que je paie la chambre pour y avoir déposé mes affaires..... Surréaliste ! Je pars sans payer.... Encore une histoire de commission....
 
Inde: je te hais!
 
Apres la ville ocre de Jaipur, je découvre la ville bleue de Jodhpur. Si l'impression n'est pas extraordinaire en errant dans les rues, c'est tout le contraire quand on contemple la ville d'une terrasse. Toutes les maisons sont bleues et cela crée une réelle atmosphère.
 
Si la ville est bleue, dans les rues, les femmes portent des saris multicolores: il est parfois difficile de détourner les yeux de ces couleurs!
 
Le fort est magnifique, très bien restaure, avec de nombreuses pièces d'archives, tapisseries, pipe a opium, je rêve a la vie des maharadjas. C'est la première fois que je visite un monument en Inde avec un audio guide en français (inclus dans le prix de la visite!), les explications sont claires.
 
Lors de visites de villages près de Jodhpur, je découvre de nouvelles coutumes.... j'en profite pour boire un peu d'opium.... manger dans une famille un très bon curry.
 
Au delà des monuments, la marche aux épices est un des plus beaux d'Inde (parmi ceux visites); encore et encore des couleurs mais aussi des senteurs avec l'impression qu'une couleur correspond à une senteur sans aucun doute le seul fait de mon imagination....
 
Une rencontre agreable et drole avec.... un rickshaw. Oui c'est possible ! Des la sortie de mon hotel il vient a moi pour me proposer ces services, j'inverse les roles et lui demande ou je dois le conduire, il rentre dans mon jeu et me demande le prix, nous negocions, je deviens chauffeur de rickshaw (je fais donc peut etre partie de la lie de la societe!). Il pousse la discussion jusqu'au bout, me montre comment demarrer et nous voila partis, il reste tout de meme a cote de moi. Nous roulons pendant cinq minutes a travers Jodphur! la conduite est difficile, il faut eviter les  vaches, les pietons, les scooters, les voitures. Nous passons devant une place ou de nombreux rickshaw attendent, c'est l'hilarite quand il me decouvre aux commandes de cet engin! Ouf nous nous arretons la conduite en Inde n'est pas rassurante! Il m'invite a boire un the ! Malgre la difficulte pour communiquer ce n'est vraiment que du bonheur! Je suis reconcilie avec les rickshaws.... ou presque!
 
Malheureusement rien n'est parfait je suis tout pres de me battre dans la rue, un rabatteur m'attrape par le bras car je ne veux pas le suivre dans son magasin la tension monte, a mon tour je lui attrape le bras mais il me laisse finalement tranquille. Je n'ai jamais reagi ainsi je suis vraiment parfois sur les nerfs!
 
Je me rends a la station de bus avec "mon" rickshaw et c'est un nouveau depart vers Udaipur. 
 
Udaipur: ma reconciliation avec l'Inde et les indiens
 
Je m'apprete a rester deux ou trois jours dans cette ville pour visiter a nouveau des monuments encore et encore.
 
Mais au dela du palais du Maharadja, de celui de Mansoum dominant la ville, et un tres beau temple, Udaipur est la ville des rencontres et je reste une dizaine de jours.
 
Je m'installe dans un petit hotel de six chambres tenu par une famille et principalement par leur fils (Deep) de 25 ans avec deux jeunes employes tout aussi sympathiques. C'est deja ma premiere rencontre. Le proprietaire est en effet tres gentil et nous partageons avec d'autres pensionnaires (une indo-anglaise et un australien) le repas familial un curry de poulet savoureux bien que trop epice pour moi, nous buivons ensemble une biere et nous palabrons sur les differences culturelles, les traditions, l'evolution de l'Inde.
 
D'autres voyageurs (francais) arivvent c'est aussi une belle rencontre l'ambiance ne change pas dans l'hotel cela reste chaleureux!
 
Sur la terrase dominant le lac d'Udaipur, un soir, le proprietaire, apres avoir un peu bu, pleure. C'est la premiere fois que je vois un indien en larmes.... ils sont tres pudiques. Il est amoureux d'une indo-sud africaine, ne parvient pas a reunir tous les papiers necessaires pour obtenir un visa. Outre ces difficultes il doit se battre avec sa famille et les traditions. Il exprime ses difficultes a faire comprendre son amour et sa volonte d'etre avec elle et non avec une femme qu'il n'aimera pas. C'est etonnant tant d'intimite alors que nous nous connaissons pas. Je ne sais pourquoi je me decouvre aussi, exprime mes differents sentiments. Un souvenir inoubliable!
 
Je dors sur la terrase, ma chambre n'est qu'une consigne, un matin j'entends du bruit je ne realise pas ce qui se passe, ouvre les yeux et decouvre de nombreux singes (relativement agressifs) autour de moi qui entrent dans la cuisine (situe aussi sur la terrasse), un des employes parti aux toilettes ne peut revenir sur la terrasse deux singes perches en haut des escaliers le menacent. Pour tout vous dire je ne suis vraiment pas en confiance, Deep reussit a les chasser.OUF! En vous ecrivant je souris de la situation mais ce n'etait point le cas au moment des faits!
 
 A cote de la guestghouse, habite une famille de peintres miniature (la specialite d'Udaipur), ils ne cherchent pas a vendre (je finirai toutefois par acheter quelques peintures). Les parents et les deux freres (Kalash et Sham) avec leur famille vivent dans la maison. Ils sont tres tres tres gentils, je ne peux passer devant leur maison sans etre invite a boire un chai.
 
Des notre premiere rencontre Kalash me demande si je suis interesse par le cricket! Malheureusement je n'y comprends rien, il me propose alors de me joindre a lui le dimanche matin (a 6H30) pour une partie de cricket avec ses amis! Me voila enrole dans une equipe de cricket malgre leurs explications, je trouve ce jeu plutot ennuyeux mais ce fut avec plaisir que j'ai rencontre des indiens! Nous discutons de cricket et j'apprends vitre qu'il ne faut ni plaisanter, ni pratiquer l'ironie.
 
Quelques jours auparavant eut lieu un match entre les "West Indies" et l'Australie (meilleure equipe du monde aujourd'hui) or cette derniere a perdu. En plaisantant j'en ai deduit que les "West Indies" sont meilleures que l'Inde (qui a perdu en finale du championnat du monde contre l'Australie), c'est une levee de bouclier je dois expliquer avant de me faire lyncher...) que ce n'etait qu'une blague! J'ai par consequent une lecon sur le cricket, le meilleur joueur du monde indien (bien sur) et la hierarchie mondiale!
 
J'apprends aussi que tous les soirs sur ce meme terrain des jeunes jouent au football, je decide alors de m'y rendre. je suis accepte sans aucun probleme! C'est l'occasion de matchs ou le defi physique (sans aucune mechancete) est omnipresent. Les regards expriment parfois la sympathie, le remerciement mais aussi le defi. Si l'engagement dur ne me deplait pas, c'est avec nervosite que je reagis apres une franche bousculade, immediatement de nombreux joueurs viennent et me calment.... Ce n'est qu'une colere instinctive. Le stade est assez loin je dois m'y rendre en rickshaw mais pour le retour un joueur me raccompagne toujours  en moto nous arretons boire un the ou un soda (il est musulman...) ; je reussis une seule fois a payer et encore ce fut LA condition pour qu 'il me raccompagne.
 
Kalash me propose de sortir un soir avec ses amis. Nous allons boire de la biere tels des adolescents. En effet beaucoup d'indiens boivent mais ils se cachent. Nous achetons donc des bieres puis les dissimulons sous nos chemises et entrons dans un hotel qu'ils connaissent et buvons a l'abri des regards! Puis le retour, j'ai peur: nous sommes trois sur la moto (sans lumieres) et je suis en sandales! Jamais me viendrait a l'esprit de faire cela en France! Quelle inconscience! C'est definitivement une soiree d'adolescent!
 
Kalash m'invite avec un couple de francais a diner chez lui, c'est encore l'occasion de gouter a la cuisine familiale indienne nous mangeons du cabri c'est a nouveau un delice, nous discutons longtemps nous regardons de nombreuses photos... Encore une soiree exceptionnelle! Nous rentrons tard a l'hotel et les portes a l'etage sont fermees et c'est le pere qui dort au rez de chaussee qui escalade un mur et nous ouvre de l'interieur! Le lendemain Kalash nous propose de prendre le petit dejeuner avec eux nous refusons mais il le prepare et nous dejeunons ensemble!
 
Je reviens quelques jours apres diner chez Sham ; c'est a nouveau un delice et une nouvelle fois un plat inconnu "dalpati". Sa femme est orpheline et des qu'elle apprends que je suis fils unique et elle me designe comme son frere et me demande de dire a mes parents que j'ai maintenant une soeur en Inde! 
 
Inde: je t'aime
 
Je n'arrive pas a quitter Udaipur tout le monde est si aimable. j'achete des peintures miniatures sur le marche. Quelques jours apres, les marchands me reconnaissent et m'invitent a nouveau a boire le the sans me presenter aucune peinture juste pour le plaisir Je sympathise meme avec des chauffeurs de rickshaws avec qui je bois le the de temps a autres et discute librement du systeme de commission.
 
Je me rends a l'hopital gouvernemental ayurvedic (medecine indienne) d'Udaipur pour un massage c'est tres agreable je suis surpris par le systeme de paiement puiqu'il faut faire un don.Deep (le proprietaire de l'hotel) m'avait donne cette adresse car dans les lieux touristiques ils prennent des sommes astronomiques... j'etais en effet le seul touriste!
 
J'ai decide non sans mal de quitter jeudi prochain Udaipur pour aller a Jaisalmer aux portes du desert....
 
Bon courage et bonne route a tous,
 
En esperant avoir de vos nouvelles,
 
A bientot,
 
Herve
 
P.S. (1): Vous trouverez quelques photographies et l'historique du carnet de bord sur le site suivant: http://fr.briefcase.yahoo.com/herve_voyage
 
P.S. (2): J'ai lu un merveilleux roman d'Harry Mulish "La decouverte du ciel" je vous le recommande. A travers les deux personnages principaux, Il permet de reflechir sur les religions, l'engagement politique, sur la place de la science, sur l'amitie, sur l'amour avec de nombreuses references theologiques et philosophiques et surtout une tres belle ecriture.
 

 

Publié dans Récit de voyage 2003

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aicha 05/09/2009 07:38

SALUT HERVE J'AI LU AVEC PLAISIR TES DECOUVERTES TES PEURS ET TON VOYAGES AVEC ENVIE ET NOSTALGIE. J'AI MOI AUSSI CRAQUE POUR UDAIPUR POUR DREAM HEAVEN POUR DEEP ET POUR TES AMIS PEINTRES QUE DE BON SOUVENIRS JE SERAIS RAVI D'ECHANGER NOS SOUVENIRS. TON VOYAGE DATE DE 2003 MOI 2009A BIENTOT AICHA

mathieu 30/05/2007 16:05

Tu vois 3 pommes c'est avec grand plaisir que je relis ton carnet de voyage 4 ans plus tard.... Même si j'ai toujours gardé tes mails de  l'époque.. :-)Il faudrait que tu essayes de finir l'Inde et le Pakistan..